Adieu au premier et dernier singe de Nancy

En apprenant la nouvelle sur l’Internet, j’ai lancé à ma femme tout bonnement : « Tiens, Jojo est mort ! » Son visage est soudainement devenu blême. Car Jojo est aussi le surnom donné à notre petit neveu australien et j’ai vite compris que j’avais fait une bourde. Ma femme n’était effectivement pas au courant de l’existence d’un autre « Jojo » qui avait vécu loin de chez nous, dans la ville de Nancy en Lorraine.

De sa cage, il a vu défiler au moins trois générations de Nancéens. Il était au centre d’une multitude de souvenirs chargés d’émotion. Jojo fut certainement le singe le plus célèbre de Lorraine, celui qui était observé par les parents, leurs enfants et leurs grands-enfants au cours de leur promenade dominicale dans le parc.

Jojo le chimpanzé © MyLorraine.fr publié dans http://www.mylorraine.fr/article/jojo-ne-fera-plus-le-singe/10667/

Jojo était devenu une légende telle que des rumeurs s’étaient même propagées sur sa personne : « Est-ce vraiment ‘lui’ ? », ou « Est-il toujours vivant ? » car certains croyaient à la conspiration : « Il a secrètement été remplacé par un autre singe à l’allure identique ».

Voyez-vous, Jojo le chimpanzé était une icône locale, la star de « la Pep’ ».

A sa mort le 20 février 2012, Jojo était devenu à 60 ans le singe en captivité le plus vieux d’Europe. Né en 1951 au Centrafrique, il avait été confié au zoo du parc de la Pépinière de Nancy en compagnie d’une guenon qui n’a pas survécu plus d’une année au climat lorrain.

En 1984, après un long veuvage, Jojo reçut la visite d’une autre amie guenon, Judith, qui était devenue une pro du lancer d’excréments sur les visiteurs. Depuis sa mort intervenue en 2003, Jojo était resté seul dans son enclos.

Le Parc de la Pépinière à Nancy © French Moments

Ce chimpanzé avait un sacré caractère et gagna vite l’affection des visiteurs du parc. Jojo était actif et réagissait à son entourage. Certains visiteurs ne se contentaient pas  seulement de lui lancer cacahuètes et autres friandises. Les témoignages que nous avons récoltés parlent de personnes qui tendaient au singe une cigarette allumée qu’il allait ensuite fumer nonchalamment devant une foule amusée. D’autres racontent qu’il buvait de l’eau pour ensuite la recracher à la figure des visiteurs assemblés derrière ses barreaux, ce à quoi les enfants répondaient par des cris et des rires. En d’autres occasions, il s’approchait au plus près de la foule, puis se retournait pour leur montrer avec grande fierté son derrière.

Jojo le chimpanzé © Jean-Baptiste Foliguet publié dans http://www.estrepublicain.fr/videodiap/2012/02/21/hommage-a-jojo-vos-plus-jolies-photos?image=B4A4453C-BB98-47D2-A973-14AC9F7552E8#galery

Depuis quelques années, le singe vieillissant vivait dans un box chauffé. Grâce à un régime de fruits, de légumes et de yaourts bifidus, il était resté en bonne santé. Emporté par un ulcère, la Ville de Nancy a décidé de confier sa dépouille à un taxidermiste. Ainsi, Jojo rejoindra ses anciens camarades du zoo : Judith, les ours Stanislas et Cora, tous empaillés au musée aquarium de Nancy.

Les Nancéens ont réagi à chaud à l’annonce de la mort de Jojo, le journal local L’Est Républicain publiant plusieurs articles le concernant dans sa rubrique « faits divers ». Ainsi, l’afflux de commentaires sur le site internet, la page facebook et le compte twitter du journal a entraîné des records de fréquentation. Evoquant les souvenirs que le singe a laissés dans la mémoire des habitants, le journal a interviewé plusieurs visiteurs qui sont ressortis de son enclos vide la mine dépitée. Témoignages :

Paulo se désole : « Je venais le voir lorsque j’avais huit ans. Il attendait que les curieux passent et s’amusait à les arroser en un long jet d’eau depuis sa bouche ». Paulo est ensuite venu avec son fils, et aujourd’hui à 63 ans, il venait avec son petit-fils.

« Ça me fait mal au cœur », confie Aurore en larmes, venue avec son compagnon et sa mère pour perpétuer le rituel de son enfance. « C’est un choc, je le revois, toujours assis, à lancer de l’eau. »

Inès réagit : « Il y en aura un autre, maman ? ». Une mère lance à son ado : « Tu n’as qu’à postuler ! »

La Cité des Ducs de Lorraine n’accueillera plus de nouveaux chimpanzés, Jojo ayant étéle premier et le dernier de la Pépinière. Les Nancéens pleurent ainsi Jojo qui ne fera plus le singe !

Jojo le chimpanzé © Photo d’archives Est Républicain publié dans http://www.estrepublicain.fr/fil-info/2012/02/20/nancy-jojo-n-est-plus?image=3CB6880B-0926-4351-A078-A7E2765D9223#galery

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Visite guidée de la vieille ville de Strasbourg – 1ère partie

La découverte de la vieille-ville de Strasbourg et de son atmosphère pittoresque est un véritable enchantement. Il est aisé de comprendre la fierté des Strasbourgeois pour leur ville tant le patrimoine architectural est considérable.

Strasbourg, ce sont les ruelles médiévales animées, le vieux quartier de la Petite France, les berges de l’Ill où il fait bon flâner, la cathédrale gothique haute de 142 mètres, ses musées aux riches collections, et les fameux « winstubs », lieux de convivialité de la gastronomie alsacienne.

La vue panoramique du haut de la terrasse de la cathédrale permet d’apercevoir les traits caractéristiques du Vieux Strasbourg. Les toits sont souvent remarquables, très pentus, avec leurs nombreuses lucarnes « en chien assis » ou « traînantes » (en dialecte alsacien : « Schleppganten »). Ils abritaient des greniers éclairés de lucarnes sur plusieurs étages.

Les toits de la vieille ville de Strasbourg et leurs fameuses lucarnes © French Moments

Riche en art et histoire, la vieille-ville s’étend sur toute la Grande Ile, elle-même classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1988.

On commencera notre visite de la vieille ville de Strasbourg (la Grande-Ile) par le quartier de la cathédrale.

La Place de la Cathédrale

Place de la Cathédrale à Strasbourg © French Moments

Outre la remarquable façade de la cathédrale, on trouve aussi sur la place le bâtiment de l’ancienne pharmacie du Cerf qui fut la pharmacie en activité la plus ancienne de France jusqu’en 2000. Des documents du 13e siècle atteste son existence. Son rez-de-chaussée est en pierre et ses arcades sont ornées de branches et de serpents. Les niveaux supérieurs, en colombage, datent eux de 1567, ce qui peut être vérifié par l’inscription sur le pilier de support. Beaucoup de visiteurs passent devant le pilier sans se douter de son insolite histoire ! Le pilier est légèrement en retrait par rapport au reste du bâtiment et cet interstice est connu sous le nom de « büchmesser » (mesureur de ventre). D’après une ancienne tradition, les artisans-maçons travaillant au chantier de la cathédrale devaient s’y mesurer leur embonpoint afin de démontrer qu’ils étaient aptes à se glisser à travers les diverses crevasses de la cathédrale.

Le pilier du « büchmesser » à l’entrée de la place de la Cathédrale à Strasbourg © French Moments

Mais la vraie star de la place – outre la cathédrale – est sans aucun doute la célèbre Maison Kammerzell.

Cette magnifique maison Renaissance des 15e et 16e siècles possède les colombages les plus richement décorés de la ville. Construite par un marchand de fromages, Martin Braun, son rez-de-chaussée médiéval est en pierre et les étages supérieurs, de style Renaissance, en bois sculptés. Sa façade contient 65  fenêtres en cul-de-bouteille dont les cadres sculptés illustrent à la fois des scènes bibliques et mythologiques.

La Maison Kammerzell sur la place de la Cathédrale à Strasbourg © French Moments

Sur le poteau cornier sculpté en bois sont représentées les trois vertus : au premier étage, la Charité (entourée de deux enfants et d’un pélican), aux deuxième et troisième étages l’Espoir (un phœnix) et la Foi (un griffon).

Détails des ornements décoratifs de la Maison Kammerzell (à l’arrière-plan : la cathédrale) © François Guernier – French Moments

Remarquer sur le pignon au dessus du 3e étage la poulie qui servait à faire monter les réserves au grenier.

La poulie qui servait à faire monter les réserves au grenier de la Maison Kammerzell (à l’arrière-plan : la cathédrale) © François Guernier – French Moments

Auparavant connue sous l’appellation « Altes Haus » (Vieille Maison) elle tient son nom actuel d’un nouveau propriétaire, l’épicier Philippe-François Kammerzell, originaire de Wurtzbourg en Allemagne.

La Maison Kammerzell abrite aujourd’hui un restaurant-hôtel © François Guernier – French Moments

Aujourd’hui, la maison abrite un restaurant et un hôtel trois étoiles, dont les fresques au plafond ont été réalisées par Léo Schnug (1878-1933), un peintre qui a également œuvré dans la décoration du château du Haut-Koenigsbourg.

Il s’agirait du plus vieil édifice de Strasbourg toujours exploité commercialement.

A sa gauche se situe le bâtiment de l’Office de Tourisme de Strasbourg.

Quant à la cathédrale, « prodige du gigantesque et du délicat » selon les dires de Victor Hugo en 1839, elle est restée du Moyen-Age jusqu’à nos jours l’emblème incontesté de Strasbourg, et parfois de l’Alsace toute entière.

Attirant environ 4 millions de visiteurs par an, la Cathédrale de Strasbourg est la deuxième cathédrale la plus visitée de France après Notre-Dame de Paris, bien avant celles de Metz, Reims et Chartres.

La majestueuse façade de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg © French Moments

Selon que l’on arrive par l’autoroute de Paris ou de Mulhouse, sa silhouette avec son clocher unique surmonté d’une flèche s’aperçoit de loin, annonçant l’entrée prochaine dans la capitale alsacienne. Sa flèche, haute de 142 mètres, fut, de 1647 à 1874, le plus haut monument du monde. Sa hauteur en fait la deuxième plus haute cathédrale de France après celle de Rouen. C’est un chef d’œuvre de grâce et de légèreté.

Nous aurons l’occasion de la décrire plus longuement sur ce blog dans quelques semaines.

Le Palais des Rohan

Tout au long du 18e siècle, quatre générations de cardinaux appartenant à une même famille, les Rohan, régnèrent sur l’évêché de Strasbourg. Dès son annexion à la France de Louis XIV en 1681, Strasbourg la Protestante dut composer la vie religieuse de la cité avec les catholiques (lire notre bulletin sur l’histoire de Strasbourg). Armand de Rohan-Soubise, fils naturel de Louis XIV, y fut le premier Prince-Evêque et souhaita construire à côté de la cathédrale un somptueux palais. Elevé entre 1732 et 1742 en grès des Vosges, le palais adopta le style classique, alors à la mode en France.

L’entrée du palais se situe Place du Château, en face du portail du transept Sud de la cathédrale.

Vue générale du Palais des Rohan de la cathédrale de Strasbourg © French Moments

Pour pénétrer dans la cour d’honneur, il faut passer par un portail monumental en arc de triomphe surmonté de statues représentant la Clémence et la Religion.

Le portail monumental en arc de triomphe de la cour d’honneur du Palais des Rohan © French Moments

Le corps principal du palais est à deux étages, le rez-de-chaussée était réservé à l’évêque et le premier étage et les combles à son personnel. A gauche et à droite de la cour d’honneur se trouvent les bâtiments administratifs et utilitaires du palais.

La façade bordant la cour d’honneur du Palais des Rohan © French Moments

La façade du palais bordant l’Ill apparait beaucoup plus harmonieuse avec sa grande terrasse. En son centre sont quatre colonnes corinthiennes soutenant un pédiment et un toit en forme de dôme de style impérial. Si le coté du palais donnant sur la cathédrale abrite une statuaire à connotation majoritairement religieuse, il n’en est pas de même pour celui de l’Ill qui déploie des motifs plus séculiers : les quatre saisons ou des héros et dieux de l’Antiquité.

La façade bordant la rivière Ill du Palais des Rohan © French Moments

L’intérieur du Palais des Rohan mérite qu’on s’y attarde avec ses appartements dont la décoration a été influencée par ceux de Versailles. Grâce à leur décor, leur mobilier d’apparat, leurs tapisseries et leurs tableaux, les remarquables appartements figurent parmi les plus beaux intérieurs français du 18e siècle. Une attention particulière doit être donnée aux salles suivantes : la salle du Synode, la chambre du Roi, le salon d’assemblée, la bibliothèque des Cardinaux, le salon du Matin et la chambre de l’Empereur.

Louis XV, de passage à Strasbourg, fut le premier hôte du palais à son achèvement, puis plus tard, ce fut au tour de Marie-Antoinette d’y séjourner.

Le Palais des Rohan abrite désormais trois musées qui permettent à ses visiteurs d’admirer les appartements et les salles d’apparat : le musée des Arts Décoratifs, le musée des Beaux-arts and le musée Archéologique.

C’est à proximité immédiate du Palais des Rohan que se situent les embarcadères pour les croisières en bateaux autour de la Grande Ile de Strasbourg.

Le musée de l’Œuvre Notre-Dame

Situé Place du château, en face de la cathédrale et à gauche du Palais des Rohan, le musée de l’Œuvre Notre-Dame mérite le détour si l’on est intéressé par la cathédrale et l’art alsacien du Moyen-âge et de la Renaissance. La première mention documentée de la « Fondation de l’Œuvre Notre-Dame » remonte à 1246. L’Œuvre Notre-Dame doit son existence aux fidèles qui contribuèrent généreusement à la construction de la cathédrale. Une fois celle-ci achevée, l’Œuvre prit à sa charge son entretien et sa restauration.

Les deux bâtiments jumeaux qui abritent le musée de la cathédrale datent, pour le premier du 14e siècle (avec ses pignons en simples gradins), et pour le second du 16e siècle (à pignon à volutes). La remarquable tour des escaliers à vis, desservant les deux corps de bâtiments, est du 17e siècle.

Les façades de l’œuvre Notre-Dame © French Moments

Une succession de quatre petites cours (dont une, le Petit Cerf, avec un petit jardin médiéval) ponctuent agréablement la visite.

Le jardinet gothique de l’Œuvre Notre-Dame © Airdiasol – Rothan

Même si le but initial était d’y abriter des statues de la cathédrale, le musée expose désormais un choix plus vaste d’objets d’art du Rhin Supérieur du 11e au 17e siècle : sculptures, peintures, tapisseries et orfèvrerie. Quant aux vitraux qui y sont exposés, ils incluent un petit trésor : le plus vieux vitrail figuratif connu au monde, la « Tête romane de Wissembourg », datant des environs de 1070.

La suite de notre visite guidée de Strasbourg continuera avec la découverte de la vieille douane et du quartier de la Petite-France.

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Et c’est parti pour le Carnaval de Nice !

A l’occasion de l’édition 2012 du Carnaval de Nice qui se tient du 17 février au 4 mars, nous avons parlé des carnavals organisés en France. Voici une description de l’un des plus beaux carnavals de France : celui de Nice.

Vue générale du port de Nice © OTC Nice Médias - Kelagopian

La tradition du Carnaval ramène au Moyen-Âge. L’étymologie du mot « carnaval » la plus communément retenue est « carne levare », « enlève la chair ». À cette époque, les Niçois, avant de jeûner pendant 40 jours, selon la tradition catholique du Carême, profitaient d’une cuisine riche et copieuse.

L’histoire du carnaval de Nice

Cette période festive était accompagnée d’une série d’animations : bals, mascarades, danses, farandoles, feux de joie, exhibitions diverses. Il était alors de mise de se moquer de tout et de tous aux dépens de chacun, caché derrière un masque, protégé par un déguisement et ce, jusqu’au Mardi-gras.

La première mention retrouvée de ces réjouissances remonte à 1294, lorsque Charles d’Anjou, Comte de Provence, signale avoir passé à Nice « les jours joyeux de Carnaval ».

Au 17e siècle, les excès ont rapidement été contrôlés par les « Abbés des Fous » chargés, par le clergé, de canaliser la liesse populaire. Sous l’influence du Carnaval de Venise, le Carnaval de Salon se développe comme les « Veglioni » au détriment des distractions de la rue. Les fêtes de Carnaval ont été interrompues lors des grands évènements politiques et militaires qui ont marqué l’histoire comme durant la Révolution française ou le 1er   Empire.

En 1830, un 1er cortège a été organisé en l’honneur de Charles-Felix et de Marie-Christine, souverains du Royaume de Piémont Sardaigne. La trentaine d’équipages défilant pour le roi et la reine annonçaient le futur  déroulement du Carnaval. Jusqu’en 1872, la fête battit son plein, dans les rues de Nice, au gré des inspirations de chacun : la foule déguisée se bombardait de confetti de plâtre, de farine et d’œufs. En effet, impossible d’envisager un carnaval sans confetti. La mode n’a pas toujours été à ces légères pastilles de papier colorées. Vers 1830, les « Coriandol » (des friandises coûteuses) sont apparues, rapidement remplacées par des œufs    remplis de suie ou de farine, des haricots ou pois chiches jusqu’à l’apparition des confettis en plâtre. Dangereux, ils ont été définitivement proscrits, en 1955, et convertis en papier pour la plus grande joie des protagonistes.

En 1873, le Niçois, Andriot Saëtone a pris l’initiative de fonder le « Comité des Fêtes » qui, sous le patronage de la municipalité, a été chargé d’organiser et de donner de l’ampleur aux festivités. Des cortèges de chars, des  tribunes payantes, une mise en scène structurée… ont fait leur apparition.

Un char fleuri du carnaval de Nice © OTC Nice Médias

Ainsi, le 23 février 1873, Carnaval 1er entre dans la ville. Le Carnaval moderne était né, auquel Alexis Mossa et son fils, Gustav Adolf, ont apporté, jusqu’en 1971, un étonnant particularisme, actualité, grotesque et fabuleux, réalisant les maquettes des chars les plus spectaculaires à Nice.

Le 14 février 1882, Sa Majesté « Triboulet » a fait une entrée triomphale dans la cité : le modeste pantin de paille et de chiffons, jusque-là spectateur immobile sur la place de la Préfecture, participait pour la première fois au cortège, trônant sur le « Char royal » identique à celui d’aujourd’hui.

Les cortèges se déroulaient au cœur de la ville selon une dizaine de parcours différents et sitôt les animations terminées, la fête se prolongeait dans les quartiers ; de petits chars créés pour l’occasion devenaient les symboles des festivités plus localisées encore.

Les premières et secondes guerres mondiales ont empêché Carnaval de régner durant plusieurs années. En 1991, Carnaval devait être « Roi des Fous », mais la Guerre du Golfe l’oblige à renoncer également…

Pour fêter le Roi de l’euroland, en 2002, des Ymagiers issus de la presse européenne et même mondiale ont été appelés à livrer leur vision du passage à l’euro. À évènement unique, choix de dessinateurs unique !

En ce début de siècle, le choix des thèmes, de même que la réalisation des chars sont particulièrement soignés. Les carnavaliers ont ainsi intégré de nouveaux matériaux, des technologies de pointe et la collaboration de  sculpteurs.

Char fleuri du Carnaval de Nice © OTC Nice

La fréquentation du Carnaval de Nice

En 2011, l’affluence a été plus que satisfaisante et la billetterie en a été la première bénéficiaire avec 10 % d’augmentation. Ces 10 % tiennent compte du fait qu’une bataille de fleurs avait dû être annulée en 2010, même mouvement positif de la fréquentation estimée à plus d’un million dans la ville. Plus de 184 140 billets émis ont été vendus durant Carnaval, les recettes globales sont de l’ordre de 2 338 400 €. L’ensemble des retombées   économiques est estimé entre 30 et 35 M € pour un budget d’environ de 6,8 M €.

Le corso carnavalesque de Nice © OTC Nice Médias

Le cortège carnavalesque en chiffres

  • 20 chars de 12 m de long sur 3 de large et de 8 à 18 m de haut
  • Les 3 chars en tête de cortège sont toujours le Roi, la Reine, Carnavalon et leur cour de 17 chars
  • Une vingtaine de groupes différents chaque week-end participent aux corsi et aux batailles de fleurs
  • 1/3 d’art de rue et de musiques niçoises et régionales
  • 1/3 de délégations musicales et 1/3 de troupes d’animation venues du monde entier
  • 20 tonnes de confetti seront utilisées sur les corsi et batailles de fleurs par les spectateurs et les artistes… Ces flocons fétiches des corsi sont devenus au fil du temps les acteurs inévitables d’un Carnaval réussi ; de nombreuses troupes et même quelques chars vont bombarder les cortèges de pastilles multicolores et de fleurs…
  • 4 à 5 tonnes de déchets et autres reliefs de la fête récoltés par le service du nettoiement de la ville en 1h30 sur les batailles de fleurs et 2h sur les corsi.

Le populaire carnaval de Nice © OTC Nice Médias

Cet article a été écrit grâce aux informations citées sur le site Internet du Carnaval de Nice.

Notre prochain bulletin poursuivra la découverte de la ville alsacienne de Strasbourg avec la visite de sa vieille ville.

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L’histoire de Strasbourg : de 1648 à nos jours

Après avoir mentionné l’histoire de la capitale alsacienne de l’Antiquité à 1648, voici la suite de son histoire à travers les âges…

Strasbourg, ville française

Lors des négociations des Traités de Westphalie en 1648, les Habsbourg perdirent au profit du Royaume de France leurs possessions héréditaires en Alsace du Sud (le Sundgau). Mais Strasbourg resta Ville Libre impériale. Le 28 septembre 1681, la ville fut assiégée par l’armée de Louis XIV et, deux jours plus tard, accepta la reddition et devint française pour la première fois de son histoire.

Louis XIV arrive à Strasbourg

Louis XIV fit abattre une partie des fortifications pour symboliser la réunion de Strasbourg à la France et rendit la cathédrale au seul culte catholique.

Les négociations entre Strasbourg et le Roi soleil aboutirent à la préservation de certaines libertés essentielles de l’ancienne Ville Libre, notamment sur les plans politique, administratif et religieux. Vauban fut mandaté pour construire un système de défense à la pointe de ce qu’il se faisait à l’époque (une grande partie de ces fortifications sont encore visibles aujourd’hui). En 1716, la ville adopta le système monétaire français et abrita une garnison française très nombreuse.

Strasbourg, devenue française 33 ans après la Haute-Alsace des Habsbourg (le Sundgau), se vit confier le titre de capitale d’une province, l’Alsace, qui n’avait jamais auparavant été unifiée. L’autre côté du Rhin étant resté autrichien (Offenburg et le Brisgau), Strasbourg se retrouva bordée d’une frontière et devint le principal point de passage pour rejoindre l’Allemagne.

En 1704, lorsqu’un prince de la famille Rohan devint évêque de la ville, la foi catholique connut un regain d’intérêt. Le Palais des Rohan, en face de la cathédrale, est le témoin de ce siècle faste et prospère pour Strasbourg. Mais la ville resta toutefois majoritairement fidèle au protestantisme

La façade du Palais des Rohan à Strasbourg © French Moments

L’université de Strasbourg connut aussi un certain développement et accueillit plusieurs étudiants venus d’Allemagne, des Pays-Bas et de Grande-Bretagne. Le plus célèbre d’entre eux fut Goethe, qui fut un grand admirateur de la cathédrale.

A la Révolution française, la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 provoqua une onde de choc à Strasbourg lorsque les habitants saccagèrent l’hôtel de ville sept jours plus tard. Comme ailleurs en France, les biens du clergé furent confisqués. Mais la tension baissa rapidement jusqu’en 1792, année de déclaration de guerre de la France contre la Prusse et l’Autriche. Le 26 avril, le maire de Strasbourg, Frédéric de Dietrich, demanda à Rouget de L’Isle de composer un hymne à la gloire de l’armée du Rhin. Les volontaires venus de Marseille repartirent dans leur ville avec l’hymne et le firent connaître à travers la France. Le chant prit naturellement le nom de « La Marseillaise ».

Rouget de Lisle chantant la Marseillaise à Strasbourg

Si une pancarte sur le pont-frontière du Rhin affichait « Ici commence le pays de la liberté », la période de la Révolution, notamment celle de la Terreur ne fut pas si exaltante. Le maire De Dietrich fut guillotiné dès 1793 et les cultes catholiques et protestants interdits. La flèche de la cathédrale échappa à la destruction révolutionnaire et fut épargnée grâce à l’idée déguisée d’un Strasbourgeois de couvrir la pointe d’un immense bonnet phrygien à la gloire de la naissante République.

En 1797, l’armée française franchit le Rhin et occupa les villes allemandes voisines de Kehl et Offenburg. S’en suivit la construction d’un nouveau pont sur le Rhin et une réorganisation complète du territoire administratif par Napoléon.

Pendant l’Empire napoléonien, Strasbourg sembla retrouver une certaine stabilité lorsque commença la campagne de France en 1814. La ville fut assiégée pendant trois mois et il s’y développa une épidémie de typhus. En 1818, en même temps que sévissait  une crise agricole, la tension entre catholiques et protestants montait dangereusement.

Avec la Révolution industrielle, la position de Strasbourg sur le Rhin lui permit de se développer grâce à l’aménagement de zones portuaires. Le canal de la Marne au Rhin, reliant Strasbourg à Paris via Nancy fut construit et la ligne de chemin de fer de Paris à Strasbourg inaugurée en 1847. Alors que Mulhouse, au Sud de l’Alsace, connaissait un véritable essor industriel (on la surnomma « la Manchester du Sud »), l’activité économique de Strasbourg fut tournée vers le commerce et la finance. Il y eut certes quelques industries strasbourgeoises spécialisées dans la production de la bière.

Strasbourg vers 1850

Strasbourg annexée à l’Allemagne

Mais le grand bouleversement que connut Strasbourg en 1681 lors de sa réunion à la France fut revécu en 1871, soit 190 ans plus tard, lors de la guerre franco-prussienne. La ville, après le siège de l’armée prussienne, capitula le 28 septembre sous le coup des bombardements d’artillerie et fut rattachée à l’Allemagne, par le Traité de Francfort.

La capitulation de Strasbourg en 1870 (Guerre Franco-Prussienne)

Strasbourg fut établie « capitale du Reichsland d’Alsace-Lorraine ». L’utilisation du mot ‘Lorraine’ est un abus de langage car les territoires lorrains annexés ne représentaient qu’un tiers de la région lorraine, c’est-à-dire l’actuel département de la Moselle avec Metz pour préfecture.

Les nouvelles autorités allemandes voulurent faire de Strasbourg une vitrine de leur puissance et tentèrent à plusieurs reprises de gagner le cœur de ses habitants traumatisés par l’issue de la guerre. Grâce à la volonté d’action des Prussiens et à un ambitieux plan d’aménagement urbain (la « Neustadt »), Strasbourg retrouva la voie de la prospérité. Une attention toute particulière fut donnée à l’hygiène : l’eau courante apparut en 1878, et les services de nettoyage des voiries en 1909.

Le Palais du Rhin, un des bâtiments les plus emblématiques du Quartier impérial allemand de Strasbourg

Alors que plusieurs alsaciens choisirent l’exil en France (vers Belfort, Nancy ou Paris) à la nationalité allemande en 1871, la ville ne cessa pas de s’étendre et gagna près de 100 000 habitants grâce à l’immigration de familles allemandes et à l’exode rural.

Strasbourg redevient française … et de nouveau allemande

La première guerre mondiale mit évidemment un terme à cette prospérité. Strasbourg ne fut cependant pas touchée par les combats, se trouvant elle-même à l’extérieur des zones de conflits de Verdun et de la Somme. La fin de la guerre et le Traité de Versailles confirmèrent le retour de la capitale alsacienne en France. Paradoxalement, le rattachement de Strasbourg (mais aussi de l’Alsace) à la France posa plusieurs problèmes, surtout d’adaptation. Les Strasbourgeois militèrent pour obtenir une certaine reconnaissance de leur statut local concernant l’administration et le dialecte alsacien. La vie culturelle fut en partie étouffée par la pression linguistique des autorités françaises face à la culture régionale.

Dans l’entre-deux guerres, la ville retrouva une certaine prospérité, toujours grâce à sa situation géopolitique : ville frontalière et emplacement du port fluvial sur le Rhin au statut international.

A partir du 3 septembre 1939, date de la déclaration de guerre par la France et le Royaume-Uni (les Alliés) à l’Allemagne nazie, le gouvernement français ordonna l’évacuation de la ville. Plus de 120 000 personnes quittèrent ainsi leur ville et se réfugièrent dans le Périgord, dans les Landes ou encore dans le  Gers. Près des deux tiers rentrèrent en Alsace dès la signature de l’armistice entre l’Allemagne et la France vaincue, en août 1940. Toutefois, tout avait changé : les Allemands avaient annexé l’Alsace et l’avaient rattachée au Pays de Bade pour former le « Gau Oberrhein » avec Strasbourg pour capitale. Hitler avait mandaté (sans suite) son architecte Albert Speer pour la transformer en une grande métropole déployée de part et d’autre du Rhin.

Pour les occupants, il fallait « germaniser » l’Alsace en employant les grands moyens. Les Alsaciens furent considérés comme citoyens allemands (Volkdeutsche), l’utilisation du français fut interdite sous peine de sanctions, et l’allemand redevint langue obligatoire. Les noms des rues furent traduits et affichés en allemand. Quant aux jeunes Strasbourgeois, ils subirent le même sort que ceux du reste de l’Alsace et de Metz : l’enrôlement dans l’armée allemande fut obligatoire, et, comme on ne pouvait trop leur faire confiance, le commandement nazi les envoya sur le front russe et peu d’entre eux en revinrent sains et saufs. Ce tragique épisode de la guerre leur a donné le nom de « Malgré-nous ».

Plaque commémorative en hommage à la libération souhaitée de Strasbourg © French Moments

Les bombardements alliés sur la région strasbourgeoise commencèrent à partir de 1943 et abimèrent plusieurs monuments de la ville : la cathédrale, le Palais des Rohan et l’ancienne douane.

Strasbourg fut libéré le 23 novembre 1944 par Leclerc et les chars de la 2e D.B et le drapeau français flotta à nouveau au sommet de la cathédrale. La libération eut lieu bien avant celle de Colmar et du reste du Haut Rhin où les Allemands ne capitulèrent que le 9 février 1945.

Monument à Strasbourg honorant la mémoire du Général Leclerc © French Moments

Strasbourg, capitale de la réconciliation européenne

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, l’heure fut à la reconstruction et à la réconciliation des peuples d’Europe.

Quatre ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, dix états européens (Belgique, Danemark, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède) signèrent au Palais Saint-James à Londres l’acte de naissance du Conseil de l’Europe, organisme intergouvernemental fondé sur les droits de l’Homme.

Depuis, les institutions européennes ont réussi à naviguer au cours des décennies et font parties, non seulement du paysage de Strasbourg, mais également de celui de l’Europe entière.

Drapeaux internationaux flottants à l’hôtel de Ville de Strasbourg © French Moments

Strasbourg à l’aube du 21e siècle

En 1988, la Grande Ile du centre Strasbourg et de la cathédrale furent ajoutées au prestigieux classement du patrimoine mondial de l’UNESCO, contribuant ainsi à la reconnaissance de son riche passé historique.

L’intégralité de la Grande Ile de Strasbourg a été classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO en 1988 © French Moments

Après l’aménagement du populaire tramway futuriste en 1994, l’arrivée du très attendu TGV-Est-Européen fit de la capitale alsacienne une des villes les plus faciles d’accès du Nord-est de la France et du Rhin Supérieur.

Au début du 21e siècle, Strasbourg est devenue une ville à la fois moderne et ouverte, sans toutefois renier son patrimoine historique. Ville désormais sans frontière, les efforts de coopération avec les villes d’outre-Rhin (l’Eurodistrict avec Kehl, Offenburg, Lahr et Achern) en feront une métropole de premier rang dans la Rhénanie, avec près d’un million d’habitants.

Le Rhin séparant les villes de Strasbourg (France) et Kehl (Allemagne) © French Moments

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L’histoire de Strasbourg : de l’Antiquité à 1648

Plan de Strasbourg au Moyen-Age

Lorsqu’il s’agit de parler de l’histoire d’une ville de plus de 2000 ans, la tâche est ardue face aux innombrables histoires et anecdotes à relater. Le riche patrimoine architectural de Strasbourg se dévoile au détour d’une rue, au coin d’une place, à l’intérieur d’une église, ou encore lors d’une visite dans un musée. Et connaitre son histoire aide à mieux comprendre ses monuments et églises. La situation de la « ville des routes » (l’origine de son nom actuel en vieil allemand) à la frontière de deux mondes – roman et germanique – ajoutera à la richesse de son passé, pour le pire et le meilleur. Aujourd’hui, Strasbourg a retrouvé le calme de la paix et, suite à ses souffrances des 19e et 20e siècles, a mérité son nom de « Capitale de l’Europe » réconciliée.

Voici la première partie de notre article, racontant l’histoire de Strasbourg de l’Antiquité à la signature des traités de Westphalie en 1648.

Strasbourg pendant l’Antiquité

Les premières traces de l’installation durable d’une population sur le site de Strasbourg remontent à 1300 avant J.C. Les Celtes y ont développé une cité vers la fin du 3e siècle avant J.C. sous le nom d’Argentorate. En 58 avant J.C., les troupes romaines de Jules César abordèrent les rives du Rhin et édifièrent un campement militaire fortifié près de la cité qu’ils rebaptisèrent « Argentoratum ». Avec une population croissante atteignant près de 10 000 habitants aux alentours de l’an 20, la petite ville fut élevée au rang de colonie militaire. A chaque défaite de l’armée romaine dans les contrées de l’autre côté du fleuve, Argentoratum fut la base de repli. En 260, les Romains quittèrent la Germanie et Argentoratum redevint une ville frontalière.

Au 4e siècle, la puissance romaine aux bords du Rhin fut réduite suite aux incursions répétées des barbares, et Argentorate fut livrée à son sort. En 355, les Alamans saccagèrent la  ville et en 451, le terrible Attila le Hun la détruisit entièrement. D’après la légende, là où passe Attila, l’herbe ne repousse plus.

Attila le Hun peint par Eugène Delacroix

L’avènement de Clovis et de sa conversion à la foi chrétienne permirent à plusieurs villes de prospérer à l’abri de son autorité. Ce fut le cas d’Argentoratum, rebaptisé Strateburgum en 496 par les Francs. Au 6e siècle, l’évêque de Strasbourg fut l’un des rares à établir son autorité dans la région du Rhin supérieur. Ses successeurs ne manquèrent pas de profiter de l’absence de rivaux pour asseoir leur autorité ou leur influence sur l’Alsace et la Plaine de Bade.

Strasbourg au Moyen-âge

En 842, Charles le Chauve et Louis le Germanique conclurent dans la ville le Serment de Strasbourg, visant à éloigner leur frère Lothaire du partage de l’Empire légué par leur grand-père, Charlemagne. Il s’agit du plus ancien texte rédigé à la fois en langue romane et en langue germanique.

Le Traité de Verdun, conclut un an plus tard, plaça Strasbourg dans le royaume de Lotharingie, l’ancêtre de la Lorraine. Après un nouveau changement de frontières en 870, Strasbourg redevint la possession de Louis le Germanique et pencha alors vers les Pays Allemands.

Lorsqu’en 962, Otton le Grand fonda le Saint-Empire romain germanique, Strasbourg bénéficia d’une longue période d’expansion et de prospérité grâce à l’obtention du droit de justice et celui de battre monnaie. Fort de ces pouvoirs temporels, l’évêque de Strasbourg continua de jouir d’une forte influence, notamment Werner de Habsbourg qui décida la construction d’une cathédrale romane au 11e siècle. Vers 1100, les habitations furent protégées par une nouvelle enceinte fortifiée et en 1160, les autorités religieuses décidèrent le remplacement de la cathédrale romane par une plus grandiose encore, dans le style gothique, à la mode en Ile de France. Simultanément à l’importante croissance démographique (la ville devint une des plus peuplée du Saint-Empire), plusieurs ordres monacales, notamment  franciscains et dominicains s’y établirent. Au 13e siècle, le mur d’enceinte fut agrandi et porta le nombre de ses tours défensives à 80, dont les fameuses tours des Ponts-Couverts.

Le quartier des Ponts Couverts à Strasbourg © François Guernier - French Moments

En 1201, l’empereur Philippe de Souabe éleva Strasbourg au rang convoité de Ville Libre de l’Empire sous l’impulsion des riches familles seigneuriales alsaciennes. Un Conseil municipal se forma en 1220 et fut chargé de l’administration et de la justice, fonctions jusqu’à présent réservées au clergé. L’influence grandissante de la bourgeoisie menaça l’autorité de l’évêque et s’ensuivit un conflit armé entre, d’une part l’armée épiscopale de Walter de Geroldseck et, d’autre part les Strasbourgeois, soutenus par l’empereur Rodolphe 1er de Habsbourg. L’issue de la bataille de Hausbergen en 1262 fut fatale pour l’évêque qui perdit son influence. Suite à cet épisode, le 14e siècle fut le théâtre de nombreux remous politiques. A l’intérieur de la ville deux familles nobles rivales s’affrontèrent : les Zorn et les Mullenheim, provoquant une véritable guerre civile en 1332, dont l’issue fut la montée en puissance de la classe marchande et sa prise de pouvoir sur la ville.

Les demeures strasbourgeoises de la vieille ville attestent de la richesse des marchands, symbolisée par la flèche de la cathédrale (à l’époque plus haut bâtiment du monde) © French Moments

Lorsque la Grande Peste atteignit la ville au 14e siècle, les pogroms augmentèrent. On accusait les Juifs d’avoir empoisonné les puits. En 1349, plus de 2000 juifs furent brûlés vifs à l’emplacement actuel de la rue Brûlée.

Strasbourg, « Ville Libre Impériale », profita de son autonomie et du droit de lever les taxes et de battre monnaie pour se développer. Située sur un lieu de passage majeur pour le transport des marchandises (la rivière Ill la lie à Colmar et le Rhin aux autres grandes cités de Bâle, Mayence ou Cologne), la ville ne rechigna pas sur les diverses taxes et contrôles en tout genre imposés par la puissante corporation des bateliers.

En 1439, la flèche de la cathédrale Notre-Dame fut achevée et, en qualité de plus haut monument de la Chrétienté, symbolisa la puissance de la ville.

La flèche de la cathédrale de Strasbourg, symbole de la puissance de la ville © French Moments

Forte de ses 26 000 habitants (dont 10 000 réfugiés de la guerre de Cent Ans qui résidaient en-dehors des fortifications), Strasbourg était capable de lever une armée de 4500 hommes. Ce fut à cette époque que Gutenberg, originaire de Mayence, vint séjourner à Strasbourg et inventa l’imprimerie à caractères mobiles. Peu après, la ville devint un centre majeur de l’imprimerie en Europe et commença à attirer plusieurs intellectuels et artistes.

Strasbourg, centre d’influence en Europe de l’Humanisme et la Réforme

Au début du 15e siècle, le courant humaniste tira fortement partie du développement de l’imprimerie et Jakob Wimpheling, Geiler von Kaysersberg ou Sébastien Brant en étaient les avocats.

Un autre fait marquant de ce siècle de changement fut l’introduction marquée de la Réforme, auquel Strasbourg adhéra dès 1525, soit 6 ans après que les thèses de Martin Luther furent affichées aux portes de la cathédrale. Officiellement, Strasbourg devint protestante en 1532 avec l’adhésion à la Confession d’Augsbourg. Avec Bâle, Montbéliard, Mulhouse et Zurich au Sud de la région du Rhin Supérieur, Strasbourg fut l’un des principaux bastions du protestantisme, au milieu d’une Alsace restée catholique et fidèle aux Habsbourg. La cathédrale, ainsi que d’autres églises de Strasbourg, furent dédiées au culte protestant.

Bien entendu, le comportement de Strasbourg n’était pas du goût de l’empereur du Saint-Empire, Charles Quint, de la dynastie des Habsbourg, ardent défenseur de la foi catholique qui, à maintes reprises, entra en guerre contre les princes protestants.

En 1592, l’utilisation de la cathédrale, enjeu stratégique, fut partagée entre les deux religions et deux évêques de chaque obédience furent nommés. Les conflits entre les deux confessions redoublèrent de plus belle et, en 1604, le catholique Charles de Lorraine devint le seul et unique évêque de la ville.

Vue générale de Strasbourg en 1644

Lorsque la guerre de Trente Ans éclata, Strasbourg et l’Alsace se trouvèrent en ligne de mire. Alors que l’Alsace fut ravagée sauvagement par les Suédois en 1633, Strasbourg ne connut pas le même sort. En effet, puissamment retranchée derrière ses modernes fortifications, elle conclut un accord avec l’empereur Ferdinand II, jurant de ne pas prendre part au conflit et de rester neutre. La contrepartie de l’empereur fut l’autorisation donnée à Strasbourg de fonder une université.

Notre prochain article traitera de l’histoire de Strasbourg de son annexion par le Royaume de France à nos jours. Vous pouvez également lire notre article sur l’histoire de Strasbourg [en anglais] sur notre site internet en cliquant ici.

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La Banette: une nouvelle boulangerie d’influence française à Mosman

Depuis quelques mois, une nouvelle boulangerie d’influence française a ouvert ses portes à Mosman pour le plus grand bonheur des amateurs de baguettes, croissants et autres pâtisseries appétissantes.

La Banette à Mosman © French Moments

A regarder les photos, pour un peu on se croirait vraiment en France… si celles-ci ne trahissaient pas l’environnement urbain propre à l’Australie qui entoure le commerce !

Le petit commerce se démarque des autres boulangeries de Mosman de par un décor « vieille France » assez rare à voir en Australie.

La Banette à Mosman : un décor « vieille France » © French Moments

Les bancs et ses tables en bois de la terrasse  (où l’on peut prendre un café) restent simples et sont assortis au décor général.

La première boulangerie s’est ouverte il y a plusieurs années à Avalon, dans les « Plages du Nord » (Northern Beaches) et une autre s’est installée à Glebe, un faubourg situé près de la City.

Ces boulangeries attirent les francophiles (et les Français !) de ces banlieues, venus de près ou de loin pour déguster leurs viennoiseries, éclairs, tuiles, meringues, tartelettes et autres friandises.

Pâtisseries de La Banette à Mosman © French Moments

La Banette à Mosman © French Moments

Des Français qui ont séjourné à Mosman nous ont confié avoir d’abord cru à une expansion internationale des boulangeries « Banette », un groupement de meuniers français dont le siège social est situé à Briare (Loiret). Rien n’est plus faux car « La Banette » à Sydney n’a absolument rien à voir avec son homologue français…

Mais pourquoi le nom « banette » ? Parce qu’en France, la banette est un « pain de tradition » très apprécié. En effet, l’appellation d’origine « Banette 1900 » développée par le groupe « Banette » en France est préparé suivant une exigence artisanale très poussée. Elle est dotée d’une croûte craquante, et sa mie nacrée témoigne d’une longue première fermentation, source de tous les arômes et de toutes les saveurs.

La Banette à Mosman © French Moments

Nous avons testé les pains dont la qualité équivaut à une boulangerie « moyenne » en France – ils sont en effet supérieurs aux productions industrielles des supermarchés. Mais ne sous-estimons pas le reste : les escargots (appelés ‘pains aux raisins’ à Paris) par exemple, pourraient facilement tenir le haut du pavé parmi les productions des boulangeries d’une « Grande-Rue » en France. Les oranais aux abricots (en anglais : « apricot danish ») sont généreusement fourrés à la crème et les pains au chocolat (en anglais : « chocolate croissants ») incluent au moins 2 barres de chocolat.

Viennoiseries de La Banette à Mosman © French Moments

Ensuite, il y a l’accueil. A « La Banette » à Mosman, c’est toujours un grand plaisir en tant que client d’être accueilli chaleureusement à chaque passage, parfois même en français.

L’accueil du client est un élément déterminant dans le développent d’un commerce. Ici à La Banette à Mosman © French Moments

Quoi qu’il en soit, il y a des gestes qui ne trompent pas : en France, il est fréquent de revenir de chez le boulanger avec une baguette dont on commence par en manger le bout… en arrivant chez soi, on s’aperçoit que la moitié de la baguette y est passée ! Malheureusement, nous n’avons jamais développé une telle habitude à Sydney. Est-ce dû à la farine dont on soupçonne un taux élevé de gluten ? Ou à la chaleur estivale en Australie ? Ou parce qu’ici, personne ne se balade dans les rues en rognant leur pain ?!

Bon, ce n’est pas si grave. Et même si manger une excellente baguette et un délicieux croissant doit rester une gâterie associée aux vacances en France, il n’est pas exclu d’aller à « La Banette » pour garder nos papilles gustatives en éveil  !

Pâtisseries de La Banette à Mosman © French Moments

La Banette à Mosman se situe au croisement de Military Road et Raglan Street.

La nouvelle boulangerie intègre un secteur bien étoffé à Mosman où plus de la moitié des boulangeries est d’influence française et/ou tenue par des artisans français émigrés en Australie dont The Little French Pâtisserie, Le Breton et St Honoré Bakery.

A lire également sur notre blog : le pain, élément important de la vie quotidienne en France.

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Se déplacer à Strasbourg avec le tramway

Depuis novembre 1994, le populaire tramway futuriste dessert l’agglomération Strasbourgeoise avec ses cinq lignes. Grâce à sa longueur totale de plus de 50 kilomètres de réseau, le tramway de Strasbourg obtient en France la 2ème  place après celui de Lyon.

Place de l’Homme de Fer, station de tramway importante de Strasbourg © French Moments

Le succès du tramway est dû à l’organisation de son réseau : les différentes lignes ne se croisant pas à un point central, les correspondances sont facilitées et les fréquences augmentées. Ce concept de « réseau maillé » est plutôt unique en France, mais classique dans l’Allemagne voisine et en Suisse.

Plusieurs parking-relais situés à la périphérie permettent d’y laisser en toute sécurité sa voiture et de continuer sa route vers le centre-ville avec le tramway, ceci grâce à un ticket combiné.

La station bus et tram d’un parking-relais en périphérie de Strasbourg © French Moments

La présence du tramway a permis à la municipalité de s’engager dans un grand programme de réaménagement du centre-ville afin de réduire sensiblement le trafic et la pollution. La Place Kléber, centre névralgique de la ville, est devenue piétonne, ainsi que de nombreuses rues de la Grande Ile, contribuant ainsi à la douceur de vivre typiquement strasbourgeoise avec ses cortèges incessants de cyclistes.

Le tramway circule sur la Place Kléber à Strasbourg © François Guernier - French Moments

Dans les prochains jours, nous continuerons notre découverte de la ville de Strasbourg avec la publication d’articles sur son histoire et ses attraits touristiques. Pour en savoir plus sur Strasbourg, visitez notre site web [en anglais] en cliquant ici.

Le site web officiel des transports en commun strasbourgeois (CTS) fournit toutes les informations dont vous avez besoin pour l’organisation de vos déplacements dans la capitale alsacienne.

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Zoom sur Strasbourg, capitale de l’Alsace

Strasbourg (Strassburg ou Straßburg en allemand), capitale de l’Alsace, est une ville située dans le nord-est de la France, sur la rive gauche du Rhin.

Les toits de la vieille ville de Strasbourg © French Moments

Abritant plus de 470 000 habitants avec son agglomération urbaine, Strasbourg est une des seules villes, avec Genève et New York, à accueillir le siège d’organisations internationales sans être capitale d’un pays. Le Parlement européen, le Palais des Droits de l’Homme, le Conseil de l’Europe sont parmi les plus illustres institutions qui ont choisi Strasbourg comme siège.

Le Quartier des institutions européennes vu de terrasse panoramique de la cathédrale de Strasbourg © French Moments

La découverte de la vieille-ville de Strasbourg et l’atmosphère qu’elle dégage est un véritable enchantement. Le classement au patrimoine mondial de l’humanité de son centre historique par l’UNESCO en 1988 a parachevé le succès de cette ville biculturelle, aux accents germaniques. Le périmètre classé comprend la célèbre cathédrale Notre-Dame et le quartier enchanteur de la Petite France.

La vieille ville de Strasbourg et la flèche de la cathédrale © French Moments

Séparée de l’Allemagne par le Rhin, Strasbourg reste fière de son histoire, riche et tourmentée. Des douloureux souvenirs des deux précédentes guerres mondiales, la ville en est sortie plus forte encore, devenant ainsi le symbole de la réconciliation franco-allemande, et par extension de l’Europe.

Le Rhin, la ville de Strasbourg et les Vosges (en arrière-plan) vus de Kehl en Allemagne © French Moments

Dans les prochains jours, nous publierons plusieurs articles de découverte sur la ville de Strasbourg, sur son histoire et ses attraits touristiques. A savoir : notre cours intensif de français en Alsace (septembre 2012) inclura une visite de la vieille ville de Strasbourg. Pour en savoir plus sur Strasbourg, visitez notre site web [en anglais] en cliquant ici.

Le Quartier de la Petite-France à Strasbourg © French Moments

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L’image du jour

La Saint Valentin, c’est aussi en France la fête des amoureux. Et plusieurs s’accorderont à dire que Paris reste l’une des plus belles villes du monde pour la célébrer. Il suffit de poser pour la photo sur l’un des ponts offrant une belle vue sur la Seine et les quais et voilà !

Photo d’amoureux à Paris © French Moments

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Il y a 46 ans jour pour jour disparaissait la livre australienne

Ce serait une question excellente digne d’un Trivial Pursuit : « Comment s’appelle la devise australienne ? » Nombre de personnes hésiteraient entre la livre ou le dollar. Et elles n’auraient pas tort !

La semaine dernière, nos trois groupes de conversation de français ont discuté sur le thème du passage à l’euro. Nous avons parlé de la période de transition (entre 1999 et 2001) où seul l’euro scriptural pouvait être utilisé.

Une des questions du thème de la semaine portait sur un événement similaire qu’a connu l’Australie il y a 46 ans jour pour jour : le passage de la livre australienne au dollar australien.

La livre australienne (Australian Pound) était la monnaie officielle de l’Australie jusqu’au 13 février 1966, lorsqu’elle fut remplacée par le dollar australien le jour suivant. La livre était divisée en vingt shillings, chacun valant douze pence. Le taux de change avait été fixé au cours d’une livre égale à 2 dollars.

Notre étudiante Julianne a apporté d’anciennes pièces en livres australiennes, ainsi qu’un magnifique billet de 10 livres ! Souvenirs, souvenirs…

L'ancien billet de 10 livres australiennes © French Moments

Christina, quant à elle, nous a montré un ancien billet de 1 dollar australien qui n’a plus cours aujourd’hui.

Un ancien billet de 1 dollar australien © French Moments

Vous pouvez observer sur cette photo trois exemples de billets australiens : un vieux billet en livre australienne, un ancien billet d’un dollar et un billet de 50 dollars (celui que nous utilisons aujourd’hui).

Anciens et nouveaux billets australiens © French Moments

Ce passage au système décimal en Australie fait écho à celui vécu au Royaume-Uni le 15 février 1971 (le D-Day ou Decimalisation Day), lorsque le shilling et le penny ont laissé la place à une livre sterling divisée en 100 pence.

On peut alors se demander pourquoi les Australiens ont adopté le mot « dollar » aux dépens de « livre », les Anglais n’ayant pas nommé leur nouvelle monnaie « le dollar britannique » !

Les étudiants du groupe du lundi nous ont appris que d’autres noms avaient été évoqués avant la date de transition en Australie. En effet, en 1965, le Premier ministre Sir Robert Menzies avait proposé de nommer sans succès la nouvelle monnaie « le royal » (en hommage à la famille royale britannique). D’autres suggestions plus ou moins exotiques incluaient : l’austral, l’oz, le boomer, le roo, le kanga, l’emu, le digger, le kwid, le dinkum ou le ming (le surnom du Premier ministre Menzies !).

De toutes ses propositions, seule celle de « dollar » a été retenue, peut-être à cause de la popularité qu’exerçait la devise américaine dans le monde d’alors. Et même si la nouvelle devise australienne prenait part au système de Bretton Woods, le dollar australien est resté dans les faits indexé à la livre sterling à une valeur équivalente à 1 gramme d’or pendant la première année de son existence.

Aujourd’hui, les billets de dollars australiens suscitent la surprise des visiteurs Français et Européens en Australie. Contrairement à l’euro, ils sont fabriqués à base de polypropylène (et ce depuis 1988). Cette matière plastique permet une résistance à toute épreuve : les billets sont réputés impossible à déchirer et ne se froissent pratiquement jamais. « No worries » donc si vous les oubliez dans les poches de votre pantalon : les billets australiens sortiront indemnes de la machine à laver !

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