A propos de la France bucolique !

Pendant notre leçon de français de vendredi dernier, mon étudiant Bill et moi avons lu une nouvelle : « La Mère Sauvage » par Guy de Maupassant (1884). Le dénouement de l’histoire est atrocement triste, mais ce qui m’a le plus plu, c’est le début de la narration. Les premières phrases de Maupassant évoque un paysage bucolique de la France profonde, fait de forêt, d’étangs, de collines et de prés. L’auteur dresse un portrait ravissant et tendre du paysage rural. Jugez-en plutôt à la lecture :

« Je n’étais point revenu à Virelogne depuis quinze ans. J’y retournai chasser, à l’automne, chez mon ami Serval, qui avait enfin fait reconstruire son château, détruit par les Prussiens.

J’aimais ce pays infiniment. Il est des coins du monde délicieux qui ont pour les yeux un charme sensuel. On les aime d’un amour physique. Nous gardons, nous autres que séduit la terre, des souvenirs tendres pour certaines sources, certains bois, certains étangs, certaines collines, vus souvent et qui nous ont attendris à la façon des événements heureux. Quelquefois même la pensée retourne vers un coin de forêt, ou un bout de berge, ou un verger poudré de fleurs, aperçus une seule fois, par un jour gai, et restés en notre cœur comme ces images de femmes rencontrées dans la rue, un matin de printemps, avec une toilette claire et transparente, et qui nous laissent dans l’âme et dans la chair un désir inapaisé, inoubliable, la sensation du bonheur coudoyé.

A Virelogne, j’aimais toute la campagne, semée de petits bois et traversée par des ruisseaux qui couraient dans le sol comme des veines, portant le sang à la terre. On pêchait là-dedans des écrevisses, des truites et des anguilles ! Bonheur divin ! On pouvait se baigner par places, et on trouvait souvent des bécassines dans les hautes herbes qui poussaient sur les bords de ces minces cours d’eau.

J’allais, léger comme une chèvre, regardant mes deux chiens fourrager devant moi. Serval, à cent mètres sur ma droite, battait un champ de luzerne. Je tournai les buissons qui forment la limite du bois des Saudres, et j’aperçus une chaumière en ruines. »

 

Aussitôt le cours fini, j’ai cherché dans ma photothèque une image qui pourrait représenter à merveille ce joli tableau, et j’ai trouvé la photo ci-dessous. Je vous laisse rêver !

Paysage rural du Périgord Vert © Bill Rayner, French Moments

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