La formidable histoire de la Cathédrale de Reims

Erigée entre 1211 et 1516, selon un programme d’une très grande richesse artistique, la cathédrale de Reims figure parmi les plus beaux témoignages laissés par l’art gothique.

Par sa taille, la cathédrale de Reims est une construction hors norme : conçue pour contenir des foules considérables, ses dimensions sont gigantesques avec ses 6650 m2 et ses 122m de long.

Chef-d’œuvre de l’art gothique et berceau du sacre des rois de France, la cathédrale de Reims est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO depuis 1991.

Haut lieu du tourisme champenois, elle accueille 1 500 000 visiteurs chaque année.

Cathédrale de Reims © François Guernier – French Moments

Les sanctuaires antécédents

Dès l’époque gauloise, Reims est une ville importante, d’abord en tant que cité principale du peuple des Rèmes, mais surtout, depuis l’époque antique, comme capitale de la province de Belgique, vaste territoire qui comprend alors tout le nord de la Gaule.

La première cathédrale Notre Dame de Reims fut élevée sur le site d’anciens thermes en 401 par Saint Nicaise (qui subit ensuite le martyre et meurt décapité).

Lorsque l’empire romain s’effondre, l’évêque de Reims hérite naturellement de cette situation et commence à jouir d’un prestige sans cesse croissant, se posant comme le garant légitime de l’autorité publique. Au Moyen-Age, Reims est un éminent centre religieux organisé autour de sa cathédrale et de trois grandes abbayes : Saint-Remi, Saint-Nicaise et Saint-Denis.

Au VIIIe siècle, l’évêque de Reims prend le titre d’archevêque, avant de récupérer, dès 1023, l’autorité comtale sur la ville. Devenu seigneur justicier, il possède alors les pouvoirs de haute et basse justice. L’archevêque de Reims a autorité sur un vaste territoire situé au nord de la France comprenant les évêchés de Châlons, Soissons, Senlis, Beauvais, Noyon, Laon, Amiens, Cambrai, Arras, Thérouanne et Tournai (actuelle Belgique).

Une cathédrale carolingienne fut édifiée en 820 et consacrée en 862, en présence de Charles le Chauve. Au XIe siècle, on redécouvrit la crypte du VIIIe et on la consacra à saint Remi.

L’ancienne cathédrale a été incendiée le 6 mai 1210, ainsi qu’une grande partie de la ville.

Plan de la cathédrale de Reims

La construction de l’édifice gothique

Un an plus tard, l’archevêque Aubry de Humbert ordonnait la construction des nouveaux murs de l’actuel édifice gothique au-dessus des fondations.

Stimulé par d’importants investissements et dons, le chantier de la cathédrale fut mené avec une telle rapidité qu’au bout de dix ans, vers 1220-1221, les chapelles rayonnantes, le déambulatoire accès aux chapelles, étaient mis en service ; le chœur, le transept et leurs bas-côtés doubles étant partiellement achevés.

Durant la décennie suivante (de 1220 à 1233), les travaux continuèrent à un rythme effréné : les murs de la face ouest du bas-côté du transept et les collatéraux de la nef furent alors édifiés sur les cinq travées orientales, préservant l’ancienne nef, plus étroite, où les offices pouvaient encore se dérouler en 1228.

Afin de soutenir l’incroyable chantier, l’archevêque fut à la recherche de moyens financiers. Des collecteurs d’aumônes furent envoyés dans les diocèses suffragants pour quêter des dons en échange de lettres d’indulgence. Parallèlement, des biens du chapitre sont mis en vente.

La nef de la cathédrale de Reims © François Guernier – French Moments

Toutefois, dès 1233, les rémois commencèrent à protester contre le coût de l’opération lié aux travaux. Les Rémois ne furent pas les seuls à manifester leur mécontentement : les évêques suffragants, notamment celui de Laon, protestèrent également contre les collectes forcées.

Devant le danger de telles révoltes, le chapitre dut abandonner la ville pendant plus de deux ans.

Le chantier connut donc un net ralentissement en 1233-1236, et il fallut l’autorité conjointe du pape Grégoire IX et du roi Louis IX pour apaiser les esprits. Il semblerait que le chœur et le transept furent achevés après le retour du chapitre à Reims. On estime cependant que la révolte des Rémois et les graves perturbations dans les travaux ont pu faire renoncer à la construction de parties typiques du gothique de l’époque : mise en œuvre des bas-côtés doubles dans la nef (solution logique par rapport à la configuration du chœur et du transept), installation de chapelles latérales dans les contreforts de la nef et abandon de l’édification des deux flèches des tours, et surtout du gigantesque projet initial qui prévoyait la construction de sept flèches.

La nouvelle façade occidentale fut placée, vers 1245, à plus de vingt mètres au-delà de l’ancienne, et en 1252, les portails étaient montés jusqu’à la hauteur des gâbles. Quant aux deux tours, elles furent élevées dans la première moitié du XVe siècle.

Couronnement du roi de France à Reims

La cathédrale de Reims du 15e siècle à la Révolution

Le 24 juillet 1481, un incendie se déclara dans la toiture et les travaux de réparation durèrent 9 ans.

La dernière pierre fut posée en 1515 mais la cathédrale essuya plusieurs dégradations, dues aux forces de la nature et aux événements politiques. A Pâques 1580, une tempête détruisit la grande rose du croisillon sud et en 1712, ce fut au tour de l’ange du clocher d’être renversé par un vent violent (il fut rétabli la même année).

En 1744, comme dans beaucoup de cathédrales en France, le jubé fut détruit, ainsi que les clôtures du chœur. Le fameux labyrinthe fut supprimé en 1778.

Pendant la Révolution, Notre-Dame de Reims est transformée en magasin de fourrage. La crête de fleurs de lys et les trèfles du faîtage furent supprimés car ils rappelaient les symboles de l’Ancien Régime. A l’intérieur, on fit de même avec les fleurs de lys de la galerie de l’abside. Le dais, au-dessus de la Vierge du trumeau du portail central, avec sa pyramide furent détruits et les sculptures du XIIIe siècle du linteau effacées et remplacées par une inscription révolutionnaire.

Toutefois, les troubles de la Révolution française n’ont pas atteint l’ampleur que l’on a pu constater ailleurs comme à Chartres ou Notre-Dame de Paris.

La cathédrale de Reims après la Révolution

L’art gothique à nouveau au goût du jour à partir du 19e siècle

Au 19e siècle, l’élan de protection de l’architecture gothique en France, véhiculé par Victor Hugo à travers son roman « Notre-Dame de Paris » conduisit à des restaurations, remplacements et nouvelles créations. En 1860, Eugène Viollet-le-Duc dirige les travaux de restauration de la cathédrale de Reims, portant essentiellement sur les galeries hautes de la nef et de l’abside, la grande rose et les tours.

La cathédrale de Reims avant la Grande Guerre

La cathédrale de Reims à l’épreuve pendant les deux guerres mondiales

La Première Guerre mondiale n’épargna pas la cathédrale de Reims et celle-ci fut gravement touchée par 25 obus de l’armée allemande le 19 septembre 1914. Reims et sa « cathédrale martyre » devinrent le symbole des destructions allemandes pendant la Grande Guerre.

La destruction partielle du monument entraîna une forte vague d’émotion à travers le pays. Plusieurs prisonniers blessés allemands réfugiés dans la cathédrale furent tués par indignation. En 1919, la cathédrale en ruine fut visitée par le Président Wilson et son épouse.

Bombardement de la cathédrale de Reims en 1914

En 1924, la cathédrale de Reims, le palais de Fontainebleau et le château de Versailles reçurent un don d’un million de dollars du richissime Américain John – D. Rockfeller, pour la restauration de ces monuments célèbres du patrimoine français.

C’est à l’occasion des travaux de restauration de 1924-1926 que la crête de faîtage de la toiture ornée d’une alternance de trèfles et de fleurs de lys, détruite à la Révolution, a été rétablie.

La cathédrale de Reims de 1945 à aujourd’hui

Le 8 juillet 1962, le président Charles de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer célébrèrent la réconciliation franco-allemande en présence de Mgr Marty, archevêque de Reims.

En 1991, c’est la consécration de la cathédrale de Reims : elle entre au prestigieux classement du patrimoine mondial de l’Unesco.

En 1996, à l’occasion du 1500ème anniversaire du baptême de Clovis par Saint Remi, le Pape Jean-Paul II visita la cathédrale.

En 2011, la cathédrale de Reims fête son 800e anniversaire.

Rosace de la cathédrale de Reims © François Guernier – French Moments

Le 8eme centenaire de la cathédrale de Reims

Les festivités du 8ème centenaire de la cathédrale de Reims se déroulent du vendredi 6 mai au dimanche 23 octobre 2011. Plusieurs événements sont organisés : conférences, concerts, vernissages, spectacles, offices religieux…

 « Rêve de couleurs », un spectacle de polychromie dynamique très haute définition est projeté de nombreux soirs jusqu’à la fin octobre sur la façade de la Cathédrale. Ce spectacle fantastique anime la statuaire de la façade de la Cathédrale pour rétablir les couleurs d’origine dans les moindres détails. Rendez-vous sur le parvis de la cathédrale !

Ces festivités coïncident également avec l’inauguration du nouveau tramway de Reims les 16 et 17 avril 2011.

Pour plus d’informations, visitez le site de l’office de tourisme de Reims : http://www.reims-tourisme.com/

Vous pouvez également lire un descriptif plus détaillé de la cathédrale de Reims sur notre site Internet [en anglais].

La cathédrale de Reims vue du ciel © F. Canon – OT Reims

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